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lundi 20 octobre 2014

Mommy

Il est vrai qu'il y a eu un grand engouement pour le dernier film de Xavier Dolan, Mommy, sorti en salle le 8 octobre 2014. On trouve de nombreux articles qui portent ce film aux nues. Une fois de plus, son nouveau film fut présenté au festival de Cannes 2014 et les médias ne cessent de mettre en avant ce nouveau scénario. Est-ce vraiment vérifié ?

Diana ou « Die » incarnée par la fabuleuse Anne Dorval est une veuve qui reprend la garde de son fils Steve (Antoine-Olivier Pilon) suite à une expulsion de son centre de rééducation en raison d'un incendie. Ce dernier est atteint de troubles comportementaux (TDAH) et les retrouvailles avec sa mère seront autant explosives qu'émouvantes. Apparaît alors un troisième personnage, Kyla (Suzanne Clément), la voisine d'en face, une enseignante dépressive en congé sabbatique qui va devenir l'amie de Diana et le professeur de Steve. Ce trio très fragile, à la limite du déséquilibre, nous emporte dans des relations orageuses et passionnées.
Le format resserré (1:1) choisi par Dolan permet de dresser le portrait des personnages dans un esthétisme qui n'est pas dénué de sens. Nous sommes figés face à cet isolement à la limite de l'étouffement qui nous dévoile une quête d'espoir, une redoutable envie de nouveaux horizons et de liberté merveilleusement représentés quand Steve écarte les bords du cadre sur un air de « Wonderwall » d'Oasis.

 
Xavier Dolan sait sublimer ses personnages, les mettre en avant dans toute leur complexité. Il dévoile les failles, montre la tragédie sans pathos et nous bouleverse par la grâce de ces instants de vie. Ce film ressemble à des instantanés de gens écorchés, désœuvrés, qui colmatent comme ils peuvent les blessures d'une vie pessimiste et sombre. Suzanne Clément qui était magistrale dans Laurence Anyways (2012) apporte de la douceur au trio quant à Antoine-Olivier Pilon... je n'ai pas beaucoup de mots pour décrire sa jeunesse, sa rage, sa beauté mais il est définitivement magique.

Je me suis demandée si j'irai voir le film au cinéma. Je suis le jeune réalisateur depuis son long-métrage J'ai tué ma mère (2009) qui m'avait profondément marquée à l'époque. J'avais alors rencontré un prodige du cinéma mais surtout, un artiste. J'avais aussi découvert par la même occasion l'actrice Anne Dorval qui est sans doute devenue une icône de la représentation maternelle.

Même en pantalon moulant à sequins avec des talons compensés et des bijoux fantaisies, Anne Dorval parvient à garder une élégance qui me sidère.

Hésitante, je l'étais. Je n'avais vu que ses deux premiers films au cinéma, préférant voir les autres tranquillement chez moi pour exprimer mes émotions sans honte. Finalement, je décidais de me rendre à un cinéma d'art et d'essai en plein après-midi et de me laisser emporter par Mommy. Je suis restée scotchée à mon fauteuil. Je ne suis pas une mère dépassée, ni une enseignante dépressive, ni un gars qui se sens étriqué dans un monde qui ne le comprend pas mais pourtant, je les comprend tous. Comment se fait-il qu'à chaque fois que je visionne un de ses films, je reste silencieuse, comme sonnée, choquée ?

Les scénarios de Xavier Dolan, la puissance de ses personnages, l'univers musical (il n'y a que lui qui puisse m’entraîner dans une musique de Céline Dion!) me prennent aux tripes. Il n'est pas dans un genre codifié mais nous montre avec une grande simplicité, des gens cabossés où on se retrouve tous à un moment donné. J'aime particulièrement observer ses personnages de dos. Leur démarche, leur nuque, tout est sensuel, gracieux...

Ma gorge fut serrée tout le long du film. Je ne voulais pas qu'on voit un visage ravagé quand les lumières de la salle se rallumeraient. Je suis restée muette, assise à fixer le générique de fin pendant que mon esprit errait dans un brouillard sans fin. Il y aurait tant de choses à raconter, à dire, à écrire sur ce film ou sur les autres mais je pense en avoir assez dévoilé.

Xavier Dolan, on déteste ou on adore. Pour ma part, je rêverai de rencontrer ce jeune québécois pour parler écriture, scénario et tout le reste... Peu de réalisateurs me touchent comme il le fait. Je me pose juste une question : quand parleras-tu de la relation père-fille ? Je suis plus qu'intriguée de la représentation que tu peux en faire...

 
Ambre

lundi 6 octobre 2014

Dracula Untold



A chacun son vampire ! Si certains (ou certaines) sont des amateurs de Twilight (grand bien leur fasse...), je préfère quant à moi le personnage complexe créé par Bram Stocker en 1897. Et oui, le mythique vampire est de retour dans un nouveau film de Gary Shore : Dracula Untold.

Sorti le 1er octobre, il retrace les origines du célèbre comte des Carpates interprété par Luke Evans. Nombreuses sont les adaptations du roman épistolaire et les films qui se sont inspirés du plus séduisant et machiavélique des vampires. Parmi les plus connus, le classique Cauchemar de Dracula de Terence Fisher incarné par le fantastique Christopher Lee en 1958 ou encore le Dracula de Francis Ford Coppola en 1992.

L'intérêt de ce film vient de sa nouveauté. Ce n'est pas une énième adaptation du roman de Stocker, un autre remake d'une histoire que l'on connaît si bien. Cette fois-ci, Gary Shore décide dans son premier long-métrage, de retracer les origines de ce prince roumain prêt à se sacrifier et à se damner pour sauver sa famille. Le réalisateur porte ainsi à l'écran une vision peu connue du vampire puisqu'il nous parle de sa vie d'homme et de comment il est devenu ce monstre immortel et assoiffé de sang. Nous ne sommes plus au XIXème siècle entre Londres et la Transylvannie avec des personnages tel que Van Helsing mais pendant l'empire Ottoman au XVème siècle.

En effet, Gary Shore s'inspire des sources historiques trouvées à l'époque par Stocker : l'histoire de Vlad Tepes, prince de Transylvanie aussi nommé « l'empaleur » en raison de sa cruauté. Cependant, le Vlad présenté à l'écran est bien plus ambigu qu'un prince cruel. Contrairement à Bram Stocker qui s'est inspiré du personnage historique pour créer un vampire, Gary Shore crée un véritable lien entre la légende et l'Histoire.

Son père l'aurait offert au sultan ottoman qui réclamait 1000 jeunes hommes pour son armée. Vlad III de Valachie se serait ainsi battu de nombreuses années auprès de lui avant de retourner dans sa terre natale faire régner la paix. Il devient alors un bon prince, soucieux de protéger son peuple. Cependant, une fois marié et ayant un héritier, le nouveau sultan Mehmet II lui réclame 1000 jeunes hommes dont son fils pour grossir les rangs de l'armée turque. Refusant d'agir comme son père, Vlad décide alors de faire appel à une créature obscure pour les combattre. Il vend ainsi son âme afin d'obtenir les pouvoirs nécessaires dont il a besoin pour protéger sa famille. S'il résiste à la soif de sang humain durant trois jours, il redeviendra un homme. Dans le cas contraire, il sera condamné à vivre en vampire, damné pour l'éternité...

On se doute bien sûr de la fin de l'histoire mais ce nouveau point de vue ranime le mythe du comte Dracula. Si Francis Ford Coppola faisait une allusion à son passé (il aurait choisi de se détourner de l’Église après que les représentants aient refusé que sa femme soit enterrée sous prétexte qu’il s’agissait d’un suicide), cette nouvelle version est plus complète et « réaliste » tant pour la légende que pour l'Histoire.

C'est un film que je conseille vivement car il est véritablement bien réalisé tant au niveau du scénario que des effets spéciaux. Les combats n' ont d'ailleurs pas été fait image de synthèse mais sont des vraies scènes calculées au millimètre près. Le choix de l'acteur est judicieux car peu connu et il incarne bien la personnalité de ce monstre séducteur.

Alors si vous souhaitez voir le célèbre et fascinant prince des ténèbres, rendez-vous au cinéma !

Ambre