mercredi 29 octobre 2014

Open when...


Aujourd'hui, je viens vous faire partager l'une de mes découvertes appelée ''Open when''. Il s'agit d'un petit mot dans une enveloppe avec de petites surprises et bien d'autres choses encore. L'open when est une petite note tendre qu'on adresse à un ami, un amour, un amant, afin d'être auprès de lui ou d'elle tout en étant loin de cette personne. N'est-ce pas fantastique ?
Pour ma part, j'ai commencé à en faire pour une amie, autant vous dire que sur le coup, les idées et l'inspiration me manquaient. J'ai alors recherché par quel sujet commencer et j'ai finalement trouvé:
''Open when you can't sleep''.

A ce moment là, j'ai décidé de dessiner un mouton sur l'enveloppe, car enfant on m'a toujours conseillée de compter les moutons. Ensuite j'ai cherché, encore et encore, et je me suis mise à lui écrire de petites choses mignonnes qui pourraient bien évidemment l'inviter à plonger au pays des rêves. Mais autant vous dire que là aussi, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus simple.

J'ai donc décidé de vous faire mon top dix des meilleures idées d'open when :

1- Open when... you need to know how much i love you.
2- Open when... you need a hug.
3- Open when... you are hungry.
4- Open when... you need to laugh.
5- Open when... it's your birthday.
6- Open when... you're having a bad day.
7- Open when... you need to smile.
8- Open when... for Christmas.
9- Open when... you will want to become enlightened.
10- Open when... you will be on the throne.

Bien sûr, ce qu'il y aura à l'intérieur de ces petites enveloppes viendra du plus profond de vous, un peu d'humour, quelques surprises, tout pour égailler la vie de l'être aimé à qui vous adressez cette douce attention.

Alors à vos stylos, crayons, feutres et autres pour rendre joyeux vos êtres aimés ! Vous pouvez d'ailleurs trouver des exemples comme ceux postés ci-dessus sur Etsy ou les acheter directement si les loisirs créatifs représentent pour vous de la colle dans les cheveux et du papier éparpillé partout !

&
(Attention deux sœurs peuvent en cacher une autre)

lundi 27 octobre 2014

La couleur de l'air


La nouvelle bande-dessinée d'Enki Bilal est enfin arrivée ! Sortie le 22 octobre, La couleur de l'air clôt la trilogie « Coup de sang » commencée avec Animal'z (2009) puis Julia et Roem (2011).

Ma rencontre avec Bilal a débuté il y a quelques années. J'ai d'abord découvert La femme piège (1986) et me suis mise à me peindre les ongles en bleu comme Jill Bioskop, devenue l'héroïne de mon imagination galopante. J'ai de suite été marquée par ses coups de crayon. L'œuvre de Bilal est hybride et ressemble très souvent à de la politique-fiction. Il se nourrit des évolutions géopolitiques, écologiques et scientifiques de notre planète avec toujours, une base réaliste à ses univers futuristes.


Artiste contemporain, il défend une conception esthétique du rapport image-texte. Il a effectué une véritable rupture avec la B.D traditionnelle dès sa première parution en 1972. Avec La foire aux immortels (1980), il met de la couleur directe, mêlant peinture, crayons et pastels. C'est une innovation pour l'époque et il fut souvent -et aujourd'hui encore- décrié par certains. Car la peinture chez Enki Bilal crée un univers graphique reconnaissable entre tous.

Cet autodidacte devenu populaire s'est nourri des textes littéraires comme ceux de Lovercraft, Perec ou Baudelaire. Parti de Yougoslavie à neuf ans, la littérature fut pour lui un véhicule pour apprendre le français. Il est d'ailleurs le seul auteur de bande-dessinée à avoir été distingué littérairement. Pour lui, pas de scénario, mais de l'écriture. Elle fait partie intégrante du dessin et lui donne un sens nouveau.

Ce n'est pas un artiste cloisonné. Dès le début, il a dynamité les frontières qui séparaient bande-dessiné et peinture. Il a réalisé des films, explorant toujours plus loin l'esthétisme sous toutes ses formes. Son œuvre est puissante, étrange et transcende les désordres du monde qu'il met en scène.

La trilogie « Coup de sang » est composé esthétiquement selon la nature des trois éléments : mer, terre, air. C'est une fable onirique plus positive et moins sombre que la Tétralogie du monstre.

Dans Animal'z, il est question de mer avec un papier gris vert. Il relate le récit de notre futur où un dérèglement climatique s'est brutalement généralisé. Sur cette planète en colère où évoluent des animaux génétiquement modifiés, quelques personnages tentent de survivre.


L'album suivant, Julia et Roem, agit sur les sentiments -shakespeariens- et la terre-mère et dévoile un Velin plus brun. Après la catastrophe relatée dans le premier tome, la planète semble s'apaiser et se recomposer lentement. Les survivants apprennent à s'organiser et une singulière histoire d'amour apparaît.


Enfin, dans La couleur de l'air, c'est avec un gris bleu foncé dans un ciel sans dessus dessous ponctué d'immenses masses nuageuses aux allures menaçantes que progresse un Zeppelin et son équipage incongru. Au même moment, les personnages des deux tomes précédents sont eux aussi mis en mouvement comme mus par un appel secret qui les mènera à une réinitialisation du genre humain...

Je n'en dévoilerais pas plus sur son contenu car il est particulièrement fantastique... Le jour même de sa sortie, je suis partie l'acheter et l'ai dévorée une heure plus tard posée sur le lit...

Enki Bilal provoque attirance et répulsion. Il restera pour moi un artiste incontestable qui décrypte l'actualité dans un monde futuriste, psychologiquement complexe avec une esthétique hors norme qui dévoile des zèbres domestiques, des femmes nues ou des personnages à tête d'animaux dans une beauté troublante. Échappant aux normes en vigueur, il fascine et nous transporte dans un univers en déchirement perpétuel chargé de romanesque et d'expérimentations.

Alors si vous ne le connaissez pas, découvrez au plus vite son travail qui ne vous laissera pas indifférent et vous emmènera en dehors des stéréotypes dans une beauté bilalienne à couper le souffle...

Ambre

jeudi 23 octobre 2014

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena



Très sincèrement ce titre ne m’a jamais attirée. Il me suffit déjà de voir mon homme manger goulument la totalité d’une pomme avec trognon et compagnie pour faire la grimace. Alors quand j’ai lu ce titre … vous m’avez compris.

Et pourtant, ce livre est un ptit bout de saveur acidulée à déguster au moins une fois dans sa vie. 

Le récit débute sur le décès de Bertha, mère de trois filles, et grand-mère d’Iris, la narratrice. 
Lorsque s’ouvre la succession, Iris apprend que sa grand-mère lui a légué sa maison située dans un petit village allemand. 
Malgré ses obligations professionnelles, Iris
prend quelques jours afin de se rendre dans cette vieille bâtisse poussiéreuse afin de se décider à accepter ou non cet héritage.

Les robes du passé reprennent vie, les souvenirs d’enfance et les secrets restés en suspens pendant tant d’années refont surface. Quel est ce vieil homme qui a entretenu cette maison pendant tant d’années ? Pourquoi ? Quelle relation avait-il avec sa grand-mère ? Qui étaient ses tantes et sa mère plus jeunes ? Qui est Iris aujourd’hui ?   
  
L’auteure écrit le récit de vie de plusieurs femmes issues de trois générations, elle pose des énigmes auxquelles Iris répond progressivement. Le lecteur plonge avec elle dans ce lac bordé par la forêt allemande. Tout est caresse dans ce roman d’une belle sensualité piquée de touche d’humour ici et là lorsqu’Iris retrouve cet homme si particulier qui constellait son enfance et qui refait aujourd’hui surface.   

La narratrice se dévoile avec beaucoup de douceur dans ce roman. Bibliothécaire, elle raconte comment elle aimait lire et manger en même temps étant plus jeune, ce qui explique ses belles rondeurs aujourd’hui. Elle décrit ses associations de mets et de genre littéraire et donne sérieusement envie de faire pareil.
Se caler dans son canapé avec un plaid et grignoter des myrtilles tout en lisant un roman. Pourquoi pas ? 

Ce livre est aussi une belle déclaration d’amour aux mots. Iris conte comment elle collectionnait ceux-ci dans un cahier de vocabulaire. Les « beaux mots », les « mots laids », les « mots trompeurs », « intervertis », secrets ». J’ai trouvé cette idée particulièrement poétique.
Ni une, ni deux je commençais un nouveau carnet. 

C’est ce que fais ce roman je pense. Il marque et malgré les mois qui passent il laisse ce goût de pépins de pomme dans la bouche comme un bonbon qui fondrait doucement sous la langue.

 June

lundi 20 octobre 2014

Mommy

Il est vrai qu'il y a eu un grand engouement pour le dernier film de Xavier Dolan, Mommy, sorti en salle le 8 octobre 2014. On trouve de nombreux articles qui portent ce film aux nues. Une fois de plus, son nouveau film fut présenté au festival de Cannes 2014 et les médias ne cessent de mettre en avant ce nouveau scénario. Est-ce vraiment vérifié ?

Diana ou « Die » incarnée par la fabuleuse Anne Dorval est une veuve qui reprend la garde de son fils Steve (Antoine-Olivier Pilon) suite à une expulsion de son centre de rééducation en raison d'un incendie. Ce dernier est atteint de troubles comportementaux (TDAH) et les retrouvailles avec sa mère seront autant explosives qu'émouvantes. Apparaît alors un troisième personnage, Kyla (Suzanne Clément), la voisine d'en face, une enseignante dépressive en congé sabbatique qui va devenir l'amie de Diana et le professeur de Steve. Ce trio très fragile, à la limite du déséquilibre, nous emporte dans des relations orageuses et passionnées.
Le format resserré (1:1) choisi par Dolan permet de dresser le portrait des personnages dans un esthétisme qui n'est pas dénué de sens. Nous sommes figés face à cet isolement à la limite de l'étouffement qui nous dévoile une quête d'espoir, une redoutable envie de nouveaux horizons et de liberté merveilleusement représentés quand Steve écarte les bords du cadre sur un air de « Wonderwall » d'Oasis.

 
Xavier Dolan sait sublimer ses personnages, les mettre en avant dans toute leur complexité. Il dévoile les failles, montre la tragédie sans pathos et nous bouleverse par la grâce de ces instants de vie. Ce film ressemble à des instantanés de gens écorchés, désœuvrés, qui colmatent comme ils peuvent les blessures d'une vie pessimiste et sombre. Suzanne Clément qui était magistrale dans Laurence Anyways (2012) apporte de la douceur au trio quant à Antoine-Olivier Pilon... je n'ai pas beaucoup de mots pour décrire sa jeunesse, sa rage, sa beauté mais il est définitivement magique.

Je me suis demandée si j'irai voir le film au cinéma. Je suis le jeune réalisateur depuis son long-métrage J'ai tué ma mère (2009) qui m'avait profondément marquée à l'époque. J'avais alors rencontré un prodige du cinéma mais surtout, un artiste. J'avais aussi découvert par la même occasion l'actrice Anne Dorval qui est sans doute devenue une icône de la représentation maternelle.

Même en pantalon moulant à sequins avec des talons compensés et des bijoux fantaisies, Anne Dorval parvient à garder une élégance qui me sidère.

Hésitante, je l'étais. Je n'avais vu que ses deux premiers films au cinéma, préférant voir les autres tranquillement chez moi pour exprimer mes émotions sans honte. Finalement, je décidais de me rendre à un cinéma d'art et d'essai en plein après-midi et de me laisser emporter par Mommy. Je suis restée scotchée à mon fauteuil. Je ne suis pas une mère dépassée, ni une enseignante dépressive, ni un gars qui se sens étriqué dans un monde qui ne le comprend pas mais pourtant, je les comprend tous. Comment se fait-il qu'à chaque fois que je visionne un de ses films, je reste silencieuse, comme sonnée, choquée ?

Les scénarios de Xavier Dolan, la puissance de ses personnages, l'univers musical (il n'y a que lui qui puisse m’entraîner dans une musique de Céline Dion!) me prennent aux tripes. Il n'est pas dans un genre codifié mais nous montre avec une grande simplicité, des gens cabossés où on se retrouve tous à un moment donné. J'aime particulièrement observer ses personnages de dos. Leur démarche, leur nuque, tout est sensuel, gracieux...

Ma gorge fut serrée tout le long du film. Je ne voulais pas qu'on voit un visage ravagé quand les lumières de la salle se rallumeraient. Je suis restée muette, assise à fixer le générique de fin pendant que mon esprit errait dans un brouillard sans fin. Il y aurait tant de choses à raconter, à dire, à écrire sur ce film ou sur les autres mais je pense en avoir assez dévoilé.

Xavier Dolan, on déteste ou on adore. Pour ma part, je rêverai de rencontrer ce jeune québécois pour parler écriture, scénario et tout le reste... Peu de réalisateurs me touchent comme il le fait. Je me pose juste une question : quand parleras-tu de la relation père-fille ? Je suis plus qu'intriguée de la représentation que tu peux en faire...

 
Ambre

jeudi 16 octobre 2014

Notre-Dame de Paris & Benjamin Lacombe



La nuit est bruyante sous le chant du vent balayant les branches des arbres. La tempête gronde au loin. Je me faufile dans mon lit un gros livre sous le bras, une lampe torche dans l’autre. Il est tard. Les chats ronronnent lovés l’un contre l’autre. 

Assise en tailleur sous la couette, j’ouvre le livre et disparait dans les rues de Paris aux côtés d’Esméralda qui virevoltent sous les traits fins du dessinateur Benjamin Lacombe.
La suivant telle une ombre, je la vois danser puis courir dans les ruelles de Paris jusqu’à rejoindre la Cour des Miracles. 
Ensorcelante, elle rencontre tour à tour Quasimodo et Phoebus tandis que Frollo se tapit dans l’ombre. 

L’heure galope, il faudrait dormir mais Esméralda m’attrape maintenant la main et me fait courir avec elle sous le clocher de Notre Dame…
 
A l’occasion des 850 ans du célèbre roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, Benjamin Lacombe s’était attelé à une tâche ardue d’illustrer cette œuvre magistrale composée de onze livres.
Réédité en 2013 par Soleil dans sa collection Métamorphose, ce livre de près de 600 pages rend hommage au travail titanesque de Victor Hugo qui nous présente Paris au Moyen-âge. Riche de détails l’écriture m’a transportée dans la ville avec son architecture et sa construction si particulières. 

Le livre en lui-même est un bel objet. Il est lourd donnant l'impression d'être un grimoire avec ses dorures et son papier doux.  Les dessins sont d'une grande qualité avec des détails à n'en plus finir.
C'est donc une belle rencontre que cet ouvrage réalise, nous laissant oublier qu'il existe 850 ans entre les deux artistes.

June